2021-11-30

LIU Xin-wu : The wedding party

On a December morning in 1982, the courtyard of a Beijing siheyuan—a lively quadrangle of homes—begins to stir. Auntie Xue’s son Jiyue is getting married today, and she is determined to make the day a triumph. Despite Jiyue’s woeful ignorance in matters of the heart—and the body. Despite a chef in training tasked with the onerous responsibility of preparing the banquet. With a cross-generational multitude of guests, from anxious family members to a fretful bridal party—not to mention exasperating friends, interfering neighbors, and wedding crashers—what will the day ahead bring ?
Set at a pivotal point after the turmoil of the Chinese Cultural Revolution, Liu Xinwu’s tale weaves together a rich tapestry of characters, intertwined lives, and stories within stories. The Wedding Party is a touching, hilarious portrait of life in this singular city, all packed into a Beijing courtyard on a single day that manages to be both perfectly normal and utterly extraordinary at the same time.
 
 

Netgalley provided me with this novel in exchange for an honest opinion.
 
This book that I'd never heard of is apparently a Chinese classic about the lives of modest Chinese people living in the 1980s and before.
I can understand why it's a classic because it's basically a photograph of China at that time and all that took place during and after the revolution. The author begins with a wedding party (of course) and tells us a little about what are or have been the lives of the people attending it. Then, the wedding taking place in a sihehyuan (see picture below), we learn about the past and present of the people living there too.

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My personal problem with this book is that there were so many characters that I had trouble remembering who was who and did what. I remembered some of them - and maybe the names didn't matter much, only the recounting of history did. This is a novel best read in one or two sittings, not putting it down and picking it up as I had to do. You should give it a minimum concentration, something I was not able to do at this moment, so I DNFed it at 40% approximately.
However, it did not repell me in the least and I'd love to pick it back later and give it all the attention it deserves.

2021-11-24

COATALEM, Jean-Luc : Nouilles froides à Pyongyang (review in French)

Ces notes ont été prises au jour le jour dans un (discret) carnet de poche lors d'un périple en Corée du Nord effectué au printemps 2011. Dégagé du souci illusoire d'embrasser la complexité d'un tel pays, affaire d'historiens ou d'observateurs spécialisés, mon propos se voulait plus modeste : raconter ce que l'on voit du « paradis rouge » ou plutôt ce qui, dans un cadre très contrôlé, en était dévoilé. En quelque sorte, un journal de voyage, attentif mais distant, amusé parfois, jamais dupe, dans ce royaume énigmatique dont un diplomate américain affirmait récemment que l'on en savait moins sur lui que sur nos galaxies lointaines.
Depuis, Kim Jong-il, le « Cher Leader », appelé aussi le « Cerveau parfait », a trouvé la mort en décembre 2011 dans son wagon blindé. Il a été remplacé par Kim Jong-un, son fils, trente ans à peine, un total inconnu, après des scènes d'hystérie collective qui ont fait le tour des écrans. Si, entre deux apparitions dans des parcs d'attractions, le jeune homme joufflu et souriant a semblé montrer un désir de réformes (il est vrai que son économie est laminée), celui qui est devenu le « Grand Successeur », autopromu général puis maréchal des armées, a poursuivi derechef les essais balistiques et le programme nucléaire de ses aînés. Qu'il ait épousé une ex-starlette de la pop, la jolie Ri Sol-ju, autorisé l'usage du vélo et les chaussures compensées pour les Nord-Coréennes, ne pèsent guère. A ce jour, ce changement calculé d'image n'affecte en rien sa politique de fond et l'assise de sa dynastie. Un étau de fer étrangle toujours ce pays reclus où, sous un régime parmi les plus répressifs du monde, derrière des frontières verrouillées, hérissées de miradors, la majorité de la population survit dans une prison à ciel ouvert.
 
 

Récit de voyage accompli par Coatalem et un de ses amis en Corée du Nord, ce livre commence par un compte-rendu parfois amusé de l'itinéraire hautement surveillé, chronométré et millimétré conçu par l'Etat pour le représentant d'une agence de voyage qu'il prétendait être. Foin de musées grandioses, de visites de villages ou de fêtes traditionnelles, la réalité est beaucoup plus sordide.
Les conditions de vie sont affreuses, la pénurie alimentaire se fait sentir pour (presque) tous, l'impression ressentie est que ce peuple vit la tête basse (ou au garde-à-vous), sans oser regarder autour de soi ou dire quoi que ce soit de peur des représailles. 
L'amusement tourne assez rapidement à la colère, voire à la dépression - forcément, raconter ce qui se passe sous une dictature n'est pas gai.
Je n'ai pas appris grand-chose que je ne savais déjà, mais étant donné les conditions dans lesquelles se sont déroulées ce voyage surveillé, j'en ai plus retenu une sensation d'étouffement. Coatalem, à la fin, pense d'ailleurs à ses guides/agents de surveillance en se demandant si ce livre ne va pas leur retomber dessus... 
Une anecdote : un jour, il lit un ouvrage qui tombe dans la baignoire. Le livre étant impossible à sauver, il le jette à la poubelle. Plus tard, sur la route, coup de fil, contrôle, pourquoi a-t-il laissé ce livre dans sa chambre, dans quelle intention ? Evidememnt, parce qu'il était mouillé et illisible. Mais, par mesure de prudence, l'ouvrage sera détruit.
 
"Quant aux livres du département français [du Palais des Etudes du Peuple, à côté des 50 oeuvres complètes reliées et traduites en diverses langues de Kim Jong-il], il nous a été déposé non sans fierté sur une table (conçue par Kim Jong-il en personne) un ouvrage sur la cuisine romande, un album à dos spiralé sur la botanique des Alpes, et un précis d'électromécanique pour les machines-outils, ce qui nous a peu servi."

2021-11-20

OKAKURO Kazuko : Le livre du thé - The book of tea (chronique en français, review in English)

Depuis un siècle, Le Livre du thé qui offre une introduction des plus subtiles à la vie et à la pensée asiatiques s’adresse à toutes les générations. Et ce grand classique, qui a permis naguère de jeter un pont entre l’Orient et l’Occident, n’a rien perdu de sa force et peut encore éclairer notre modernité.
Le trait de génie d’Okakura fut de choisir le thé comme symbole de la vie et de la culture en Asie : le thé comme art de vivre, art de penser, art d’être au monde. Il nous parle d’harmonie, de respect, de pureté, de sérénité. Et de sagesse. Que nous contemplions l’évolution de la voie du thé à travers l’histoire, ou que nous nous projetions dans ce nouveau siècle, il convient encore et toujours de nous tourner vers Le Livre du thé.
 
 
In 1906 in turn-of-the-century Boston, a small, esoteric book about tea was written with the intention of being read aloud in the famous salon of Isabella Gardner, Boston's most notorious socialite. It was authored by Okakura Kakuzo, a Japanese philosopher, art expert, and curator. Little known at the time, Kakuzo would emerge as one of the great thinkers of the early 20th century, a genius who was insightful, witty — and greatly responsible for bridging Western and Eastern cultures. Okakura had been taught at a young age to speak English and was more than capable of expressing to Westerners the nuances of tea and the Japanese Tea Ceremony.
In The Book of Tea Classic Edition, he discusses such topics as Zen and Taoism, but also the secular aspects of tea and Japanese life. The book emphasizes how Teaism taught the Japanese many things; most importantly, simplicity. Kakuzo argues that tea-induced simplicity affected the culture, art and architecture of Japan.
 
 

Le livre du thé ne parle pas que du thé. Evidemment, le thé tient une place importante, mais dans l'ensemble, il s'agit plutôt d'une introduction à la pensée japonaise, souvent en opposition à la pensée occidentale, même quand cette dernière essaie de copier les manières orientales. Et mine de rien, tous les domaines explorés se rattachent au thé de près ou de loin.
Le style très élégant, souvent plein d'humour et de poésie, comme lorsque l'auteur parle des fleurs ou cite le conte du harpiste chinois. J'y ai appris notamment les raisons derrière l'architecture des maisons de thé et je partage entièrement l'avis de l'auteur sur les maisons européennes surchargées de décorations.
Un livre dont on ressort serein.

The book of tea isn't only about tea. Of course, tea is an important part of it, but all in all, it's mostly an introduction to Japanese culture, often in opposition with the occidental one, even when the latter tries to copy the former. And come to think of it, all the topics explored all relate to tea, even religion.
The style is elegant, with pinches of humour and poetry, like when the author speaks about flowers or tells us the tale of the Chinese harper. Among other things, I learned about the reasons behind the architecture of tea houses and I wholeheartedly share the author's opinion about over-decorated European houses.
A perfect book for a taste of serenity.

2021-11-19

JUNG Jae-han : Carnets d'enquête d'un beau gosse nécromant (review in French - chronique en français)

Chamans escrocs VS gourous post-industriel.
Bienvenue au cabinet secret de Nam Hanjun, alias Beau Gosse, pseudo-chaman et authentique escroc. Avec ses deux complices, Hye-jun, sa petite-sœur hackeuse de génie et Su-cheol, dit Mammouth, détective privé, ils offrent à leur riche clientèle des "divinations" sur mesure qui font leur succès.
Un soir, une cliente les appelle après avoir cru apercevoir un fantôme dans sa cuisine. Quand ils arrivent leur présence attire l'attention d'un voisin qui prévient la police. Une jeune inspectrice se rend sur place, Ye-eun, experte en arts martiaux, que ses collègues surnomment justement le fantôme tant elle est rapide et discrète. Dans la cave de la maison, elle découvre le cadavre d'une adolescente recherchée depuis un mois.
 
 
Pourquoi ai-je emprunté ce polar à la bibliothèque ? Le titre, bien sûr, comment résister ? Pour la peine, je viens de découvrir à quoi peut ressembler le néo-polar coréen écrit par une web-auteure : percutant ! Quasiment un film d'action écrit, bourré d'humour et sans temps mort.

Et pourquoi lui ai-je donné 5 étoiles ? Parce que je suis quasiment sûre que je m'en souviendrai encore dans quelques années, ce qui n'est pas le cas de pas mal de romans. Les personnages et l'histoire étaient originaux (bien que certains faits étaient fortement inspirés par le scandale de l'ex-présidente sud-coréenne Park Geun-hye et sa chamane), le choc des cultures surprenant à notre époque, les interventions de l'auteure (et de ses traducteurs) amusants, non seulement le style était très visuel mais également sonore (il y a des bruitages !), bref, je vois bien cette histoire terminer au cinéma dans quelques temps. 
 
Un polar décapant qui vaut le détour !


2021-11-18

PARK Sang-young : Love in the big city

Love in the Big City is the English-language debut of Sang Young Park, one of Korea’s most exciting young writers. A runaway bestseller, the novel hit the top five lists of all the major bookstores and went into nine printings. Both award-winning for its unique literary voice and perspective, and particularly resonant with young readers, it has been a phenomenon in Korea and is poised to capture a worldwide readership.
Love in the Big City is an energetic, joyful, and moving novel that depicts both the glittering nighttime world of Seoul and the bleary-eyed morning-after. Young is a cynical yet fun-loving Korean student who pinballs from home to class to the beds of recent Tinder matches. He and Jaehee, his female best friend and roommate, frequent nearby bars where they push away their anxieties about their love lives, families, and money with rounds of soju and ice-cold Marlboro Reds that they keep in their freezer. Yet over time, even Jaehee leaves Young to settle down, leaving him alone to care for his ailing mother and to find companionship in his relationships with a series of men, including one whose handsomeness is matched by his coldness, and another who might end up being the great love of his life.
 
 
 
I requested this novel from Netgalley who let me read it in exchange for my honest opinion, here it is :

While reading the first few chapters, I thought this wouldn't be a novel for me : people partying, sleeping around endlessly, no particular thoughts about life, just living for the moment, for the fun that felt more like a means of forgetting about an empty life. Not something I'm much interested about when there is no particular reason mentioned
.
However, as the novel progressed, as his friend got married and started leading an adult life, as Young started talking about his mother, his past, his love life, I got wrapped up in what he was saying, experiencing, feeling and I found him touching and deeper than he first appeared. Living constantly with the consequences of his past up to the point when he has to think about other people's welfare before his own, Young was definitely using sarcasm to deal with a tough reality.

One thing I noticed while browsing other people's reviews, though, was that this novel is often referenced as funny, joyful and really, I found it rather depressing ! Not bad depressing, because it was a good novel and I'm very happy to have discovered this author, yet if you're looking for something light and fluffy, this is not the book for you. If you're looking for a realistic portrait of gay young Korean people in general, this novel is well worth the read.

2021-11-10

Kazuo ISHIGURO : Klara and the sun - Klara et le soleil (review in English, chronique en français)

From the best-selling author of Never Let Me Go and The Remains of the Day, a stunning new novel—his first since winning the Nobel Prize in Literature—about the wondrous, mysterious nature of the human heart.
From her place in the store, Klara, an Artificial Friend with outstanding observational qualities, watches carefully the behavior of those who come in to browse, and of those who pass on the street outside. She remains hopeful that a customer will soon choose her, but when the possibility emerges that her circumstances may change forever, Klara is warned not to invest too much in the promises of humans.
In Klara and the Sun, Kazuo Ishiguro looks at our rapidly changing modern world through the eyes of an unforgettable narrator to explore a fundamental question: what does it mean to love ?
 
Klara est une AA, une Amie Artificielle, un robot de pointe ultraperformant créé spécialement pour tenir compagnie aux enfants et aux adolescents. Klara est dotée d’un extraordinaire talent d’observation, et derrière la vitrine du magasin où elle se trouve, elle profite des rayons bienfaisants du Soleil et étudie le comportement des passants, ceux qui s’attardent pour jeter un coup d’œil depuis la rue ou qui poursuivent leur chemin sans s’arrêter. Elle nourrit l’espoir qu’un jour quelqu’un entre et vienne la choisir. Lorsque l’occasion se présente enfin, Klara est toutefois mise en garde : mieux vaut ne pas accorder trop de crédit aux promesses des humains... Après l’obtention du prix Nobel de littérature, Kazuo Ishiguro nous offre un nouveau chef-d’œuvre qui met en scène avec virtuosité la façon dont nous apprenons à aimer. Ce roman, qui nous parle d’amitié, d’éthique, d’altruisme et de ce qu’être humain signifie, pose une question à l’évidence troublante : à quel point sommes-nous irremplaçables ? 
 
 

The review will be rather short, because I don't have much to say. I read The remains of the days years ago, still remember and love it, so when I saw this new novel at the library, I had to try it. Unfortunately, I was really disappointed because I found it... boring. I can see what the author was trying to do, but I could not feel it, maybe it was too subtle for me. The worldbuilding lacked precision, I would have liked more information, I guessed things up as I read but couldn't find any confirmation. This was told from a robot's point of view, so maybe this explains that, as well as the prose itself, I would have wanted something more... Each time I put it down, I had to kick myself to pick it back up. 

La chronique ne sera pas longue, je n'ai pas grand-chose à dire. J'ai lu Les vestiges du jour il y a des années, je m'en rappelle toujours avec plaisir, alors quand j'ai vu le dernier roman d'Ishiguro à la bibliothèque, j'ai sauté dessus. malheureusement, j'ai été très déçue en le trouvant... ennuyeux. Je pouvais voir ce que l'auteur essayait de faire passer, mais je ne le ressentais pas, peut-être que je manque de subtilité. La description de ce monde futur manquait de précisions, je devinais certaines choses au fur et à mesure sans en avoir confirmation. L'histoire est racontée par un robot, ceci explique peut-être cela, tout comme le style de la prose, j'avais besoin de quelque chose de plus. Chaque fois que je le reposais, j'avais un mal de chien à le reprendre.

2021-11-09

MIURA Shion : The easy life in Kamusari (Forest #1)

Yuki Hirano is just out of high school when his parents enroll him, against his will, in a forestry training program in the remote mountain village of Kamusari. No phone, no internet, no shopping. Just a small, inviting community where the most common expression is “take it easy.”
At first, Yuki is exhausted, fumbles with the tools, asks silly questions, and feels like an outcast. Kamusari is the last place a city boy from Yokohama wants to spend a year of his life. But as resistant as he might be, the scent of the cedars and the staggering beauty of the region have a pull.
Yuki learns to fell trees and plant saplings. He begins to embrace local festivals, he’s mesmerized by legends of the mountain, and he might be falling in love. In learning to respect the forest on Mt. Kamusari for its majestic qualities and its inexplicable secrets, Yuki starts to appreciate Kamusari’s harmony with nature and its ancient traditions.
In this warm and lively coming-of-age story, Miura transports us from the trappings of city life to the trials, mysteries, and delights of a mythical mountain forest.
 

I requested this short novel from Netgalley purely on the basis that it was from a Japanese author, I knew nothing about it or its author. 
When I realized this was a coming of age story, a topic that isn't really my cup of tea, I was a little disappointed but there was nothing to lose, so I read it.
 
And honestly, even if it's not a revolutionary book, it was a thoroughly enjoyable read. The style is the one a character this age would use to write his diary, a young man who is used to live in the city with all that it entails, and finds himself practically kidnapped to be sent to a remote village deep in the mountain forest. Aghast at first, completely out of his depth, without a cell phone (can you imagine the horror ?!), he gradually gets used to the dialect, the villagers' habits, the hard work with older men, and the strange native customs that includes... gods. 
 
It's easy to read, the characters are lively, there isn't much of a plot but I didn't care, I got caught up in the love of nature and the interactions of all these people that you gradually grow very fond of. This is a discovery that I'm very happy about, it was a breath of fresh air in a period where we badly need it !
 
It was released recently (november 2nd) so I'm a little late for the review, but if you need a story that's easy going, fun and different, you definitely should read it.