2021-05-16

Emile ZOLA : Au bonheur des dames (The ladies' paradise) - Rougon-Macquart #11 - reviews in French and English

Le Second Empire vise à faire de Paris la capitale de la mode et du luxe. La ville se modernise. Les boutiques du Paris ancien laissent place peu à peu aux grands magasins, dans le voisinage des boulevards et de la gare Saint-Lazare. La nouvelle architecture illustre l'évolution des goûts : on entre dans le royaume de l'illusion. Octave Mouret, directeur du Bonheur des Dames, se lance dans le nouveau commerce.
 
The Ladies Paradise (Au Bonheur des Dames) recounts the rise of the modern department store in late nineteenth-century Paris. The store is a symbol of capitalism, of the modern city, and of the bourgeois family : it is emblematic of changes in consumer culture, and the changes in sexual attitudes and class relations taking place at the end of the century.



Lu dans le cadre d'un groupe instiguée par Pauline de la chaîne Youtube Dancing Lawn, avec laquelle j'avais déjà relu Germinal.

Suite à une panne de lecture prolongée ce mois dernier, accompagnée d'une flemme marquée à l'idée d'écrire des chroniques, je n'ai plus en tête tous les détails qui m'ont fait aimer Au bonheur des dames.

Ce qui m'a marquée, bien sûr, c'est la comparaison entre les petits commerçants entourant le grand magasin, vieux, pâles, habitant des logements sans soleil, voire moisis, engoncés dans leurs habitudes, et ce grand magasin flambant neuf, énorme, brassant trop de clients, avec trop de vendeurs, une espèce de corne d'abondance déréglée qui vomit de la marchandise et corrompt les femmes au point de leur faire acheter trop et n'importe comment, leur inspirant une avidité pouvant les mener jusqu'au vol. Décrivant deux mondes totalement opposés, ce livre est à la fois une critique du capitalisme et un enterrement du commerce à l'ancienne qui n'a plus aucune possibilité de survivre. Denise, la jeune fille qui vient du "vieux" commerce et rejoint le nouveau par obligation, fait la passation entre les deux tout en essayant d'insuffler à cette machine infernale une once d'humanité. Il montre sa progression, partie du stade d'employée jeune et  bizutée à une jeune femme qui sait ce qu'elle veut et cherche à l'obtenir sans perdre son âme.
C'est un roman que j'ai dévoré et adoré. La fin m'a surprise (je m'attendais à ce que ce soit pire !) mais elle est apparemment le reflet d'une expérience réellement arrivée. 

*****

I read this novel for a group read initiated by Pauline from the Youtube channel Dancing Lawn, with whom I had already re-read Germinal.

I had trouble reading and writing reviews since last March, so as I didn't write a review earlier, many details I wanted to talk to you about slipped my mind. However, I remember the main points.

What struck me, obviously, was the comparison between the small shops surrounding the giant department store. The shopkeepers were mostly old, pale, sick, lived mostly without sun and sometimes with... mold. They were stuck in their ways, ready to expire while the department store exploded with clients, too many, too many shop assistants, some kind of mad cornucopia vomiting all sorts of goods that drove women mad with the need to buy and even to steal. Describing two opposite worlds, this novel is at the same time a critic of capitalism while showing how the old trade is bound to die, without any possibility of surviving. Denise, the young girl who comes from the "old" trade is the link with the new one : she starts by obligation, having two brothers to support, but is drawn to it and tries to insert some humanity into it. It shows the progression of the young girl, a basic, bullied shop assistant, who becomes her own self, finds her way and sticks to it without losing her soul. 
This is a novel that I inhaled and adored. I found the end surprising (I expected something worse !) but it seems to have reflected a real life situation.

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